Interview de Philippe PINOLI-podcast

Nous avons la chance de pouvoir interviewer Philippe PINOLI, 3 fois Champion de France du Monopoly !!! On vous laisse découvrir cette interview, bonne écoute.

Ceci est notre deuxième podcast, soyez indulgent !

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Voici l’interview écrit :

Carine LAURENT : [00:00:03] Philippe Pinoli, trois fois champion du Monopoly en France. Alors voilà, on voulait interviewer sur le coin des joueurs, donc un blog qu’on vient de créer sur les jeux de société. On voulait savoir quel était ton parcours ?

Philippe PINOLI: [00:00:20] Mon parcours de joueur. Il est assez classique. J’ai appris à jouer plein de petits jeux, mais assez tôt dans ma famille parce qu’on joue beaucoup. Donc je jouais à la belote de sept ans à dix ans. Et le Monopoly? Je n’ai pas la date exacte, mais on a joué comme tout le monde dès qu’on a su compter et lire. Donc vers cinq-six ans. Après, j’ai arrêté de jouer comme à peu près tout le monde. Quand on arrête de jouer en famille, parce que les parties sont trop longues, parce qu’on en a marre de se disputer ou de pleurer ou de jeter le jeu en l’air. Après moi, je suis passé à plein d’autres jeux. Après, je suis passé aux wargames. J’ai joué beaucoup au Tarot et finalement, je suis revenu au jeu. Je suis revenu au poker. J’habitais dans un endroit, il y avait que des joueurs de poker. Après, je suis revenu à Magic. Quand je suis arrivé ici, il y a une dizaine d’années, dans le sud de la France à onze ans et après, j’ai participé au championnat de France de Monopoly. Un peu par hasard en 2015, à l’occasion du Salon des jeux de Cannes. Tout le monde connaît. Voilà, je cherchais une compétition, Il y avait plein de tournois, il y en avait qui été payants, d’autres qui étaient amusants. Je m’étais inscrit à pas mal de trucs avec les copains et parents. Je suis le seul à être inscrit au Monopoly. J’ai potassé un peu les règles spéciales du tournoi. Et puis je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. J’ai gagné le championnat de France et c’est là que j’ai découvert que c’était qualificatif pour les championnats du monde. Donc je suis allé aux championnats du monde. Ça m’a beaucoup plu. Je suis allé en demi-finales et j’étais à « ça » de la finale et  en rentrant, Hasbro qui m’avait accompagné, qui m’avait financé le voyage, les vacances… Je leur ai dit que ce serait bien de faire des championnats tous les ans, parce qu’il n’y avait qu’au Japon qu’il y en avait et moi, ça m’intéressait bien de le faire. Donc ils m’ont soutenu, ils m’ont filé des lots et ils m’ont filé de quoi jouer. Huit jeux, des nappes. Et donc, depuis 2016, j’organise des tournois, dont les championnats de France. Donc j’ai rejoué, j’ai regagné. Et puis, il y a une belle communauté de joueurs, mais cette fois-ci, plus de compétition qui s’est constituée là en général il y a à peu près 200 joueurs dans les grands tournois ou une cinquantaine d’acharnées dans les tournois plus petits. Et voilà, je continue de pratiquer régulièrement ce jeu de compète qui est vraiment bien ! Le Poker on va dire tous les deux mois. Et sinon, c’est une soirée jeux de société toutes les semaines, plus des grands week ends. Voilà je suis un gros joueur et le Monopoly fait partie des jeux auxquels on joue régulièrement, notamment avant les compètes. Et puis, dès que quelqu’un me lance un défi je suis motivé à le faire ! J’anime des soirées où les entreprises peuvent me contacter ou des trucs comme ça….

Carine LAURENT: [00:03:01] Ok, super ! Du coup, quelles sont tes passions, est ce que c’est seulement les jeux de société où tu en as d’autres aussi ?

Philippe PINOLI: [00:03:13] Non non, j’ai, on va dire en gros, j’ai trois grandes passions. J’ai les jeux de société bien-sûr. Je fais aussi de la reconstitution historique, Ça, c’est du combat médiéval. Donc ça, c’est, ça n’a aucun rapport avec les Jeux. Et après? J’aime beaucoup l’histoire, donc je lis beaucoup de romans, de magazines, de choses comme ça, quoi.

Carine LAURENT: [00:03:33] Ok et du coup, est ce que t’as réussi à en faire ton métier au niveau de tes passions ou pas du tout ?

Philippe PINOLI: [00:03:44] Ou un métier complètement différent. Oui, je rêvais d’être prof d’histoire, tu vois, il y a Napoléon au-dessus de moi là, mais en fait, je suis plutôt passionné d’histoire et vivre totalement ta passion sans être prof, c’est même mieux à mon avis. Je recommande. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans la reconstitution médiévale et les combats médiévaux. Mais non, j’ai un métier normal et dès que j’ai fini, par contre, je m’occupe de mes passions comme tout le monde. Je suis dans le monde associatif. Donc, évidemment on ne gagne pas d’argent. Mon plus gros lot, c’est d’avoir gagné le voyage à Macao avec dans le Palace avec une semaine de voyage offert par Hasbro, parce que j’allais représenter la France aux championnats du monde. Mais sinon on gagne que des lots. Or, j’ai plein de Monopoly, mais bon, ça ne nous nourrit pas…

Carine: [00:04:29] Oui donc ton métier, n’a rien à voir avec ta passion.

Philippe PINOLI: [00:04:36] Non, moi je suis fonctionnaire territorial, directeur des transports dans une agglomération. En l’occurrence, je suis descendu de la région parisienne il y a onze ans. Maintenant je suis sur Menton, sur la Côte d’Azur.

Carine LAURENT: [00:04:52] D’accord. Je reviens au Monopoly, pourquoi avais tu choisi le Monopoly?

Philippe PINOLI: [00:04:59] J’ai découvert ce mode de compétition qui me plaisait beaucoup, qui avait vraiment beaucoup de qualité. Personne n’organisait rien. Dans les associations, tu sais que pour que les choses se fassent, il faut les faire soi-même. Donc j’ai décidé d’organiser tout ça pour pouvoir continuer à jouer en compétition parce que sinon, personne ne le fait et il n’y a aucun autre tournoi en France. Il n’y a aucun autre pays à part je te dit le Japon et la France, où il y a des championnats tous les ans. Moi, je suis fier qu’en France il y a des championnats tous les ans. Des fois, j’organise des soirées dans des entreprises. J’ai organisé des soirées pour l’anniversaire d’un gars que je ne connaissais pas. Mais le projet était sympa. Les mecs m’ont dit Allez, on te paye le billet d’avion à Paris, ça lui ferait plaisir de jouer contre toi. Donc voilà, là je vais monter en Ardèche parce qu’il y a un club de jeux de société qui m’a contacté. Il m’a dit on aimerait bien que vous veniez. Je dis bah écoutez, mon frère habite à côté. Donc oui, je viens et je vous fais un week-end Monopoly. Moi, ça me fait plaisir.

Interviewer: [00:05:54] Super. Et du coup, est ce que le Monopoly, c’est devenu ton jeu préféré ou est-ce que t’as un autre jeu préféré?

Philippe PINOLI: [00:06:01] Non, non, ce n’est pas mon jeu préféré. C’est un jeu que j’aime bien, qui a ses limites, mais qui a ses avantages parce que ce sont des parties d’une heure. On peut jouer au bureau, par exemple pendant la pause-déjeuner, mais non en ce moment mes jeux préférés, ça varie. En ce moment, je regarde ma pile de jeux, je te montre. Voilà, ça, c’est la réserve.

Carine LAURENT: [00:06:19] Ha ha! C’est une vraie ludothèque…

Philippe PINOLI: [00:06:23] En ce moment, mon jeu préféré, c’est toujours Terraforming Mars depuis cinq ans et en ce moment, avec les copains, avec mon frère, on joue beaucoup à éclipses et à Dune Imperium  qui a été nommée jeu de l’année 2022. Experts. Voilà les jeux, mes jeux préférés évoluent dans le temps.

Carine LAURENT : [00:06:48] Et du coup, je reviens au Monopoly. Quelle est la meilleure stratégie pour gagner au Monopoly ? Et est-ce que tu la connais et qu’est-ce que tu en penses ?

Philippe PINOLI: [00:07:00] Alors je vais dire que la meilleure stratégie, il y en a qu’une, c’est déjà comme dans tous les jeux, c’est de connaître le jeu à fond et de connaître les règles. Si tu ne connais pas le jeu et ses particularités, cela va être un gros avantage pour ton adversaire. Ce n’est pas un jeu très compliqué, mais il y a quelques règles un peu obscures. Il y a quelques règles que personne ne connaît et tu rajoutes les règles de tournoi qui sont un peu spéciales. Voilà donc un minimum. Il faut les connaître à fond parce que si les autres ne les connaissent pas, bah tu as déjà un avantage sur eux. Et après ? La vraie stratégie, c’est qu’en fait il n’y en a pas. Evidemment, il faut acheter des monopoles et il faut ruiner les autres. Ça, tout le monde le sait. Mais comment jouer ? Et en fait, chaque partie est différente. Depuis sept ans, j’ai joué contre les meilleurs joueurs du monde, j’ai joué contre les meilleurs joueurs français, je les ai battus. Il y en a qui m’ont battu, donc j’apprends. On apprend toujours et j’apprends encore à chaque partie. Et bien, il faut apprendre, il faut analyser ses erreurs, comme dans tous les jeux. Et voilà. Après, éventuellement je peux perdre parce qu’il y a les dés. Mais sinon la meilleure tactique c’est de ne pas en avoir et c’est de s’adapter au jeu d’avoir la meilleure vision du jeu possible.

Carine LAURENT : [00:08:04] Oui, je rebondis sur ce que tu as dit au niveau des règles. C’est en regardant tes vidéos qu’on a découvert qu’en fait, quand on passe par la case départ, on ne gagne pas 400 € à chaque fois. Qu’au parc gratuit en fait, il ne faut pas mettre l’argent au milieu. Est-ce qu’il y a d’autres règles que tout le monde fait, mais qu’en fait ce n’est pas les vraies règles ? Est-ce que tu peux les dire ?

Philippe PINOLI: [00:08:31] Oui, les grandes histoires, c’est souvent, j’achète pas au premier tour. Donc ça, ça n’existe pas. On achète dès le premier jet de dés, si on peut. Euh les sorties de prison, ce n’est souvent pas très clair. Ce n’est pas très bien écrit dans la règle, mais en tout cas c’est clair que si tu veux jouer ta carte ou payer, c’est avant de jeter les dés, pas après. Si tu ne fais pas ton double, tu n’as pas plus d’autre choix à ton prochain tour. C’est une règle qui est connue, on peut construire n’importe quand, enfin presque n’importe quand. En fait, entre deux tours, même si ce n’est pas à toi de jouer, même si tu n’es pas tombé dessus. Voilà, on peut faire des échanges à n’importe quel moment. On ne fait pas d’emprunt, évidemment. On vend les maisons moitié prix. Ça aussi, on a tendance à l’oublier. Mais les maisons se vendent à moitié prix, j’achète au plein tarif, mais elles se vendent à moitié prix. Et après il y a des règles liées aux jeux de tournois. Mais on ne va pas en parler. Et après, dans les règles de base, effectivement, la prévision, on arrête tout, tout de suite. On touche ces loyers en prison bien évidemment.

Carine LAURENT: [00:09:36] Oui, c’était une des stratégies qu’on avait vu, c’était de rester tout le temps ou un maximum de temps en prison. Ce qu’on ne recommande pas de faire dans la vrai vie…

Philippe PINOLI: [00:09:48] Non. Il est vrai que le jeu est relativement amoral de ce point de vue-là. Mais objectivement, voilà, c’est un endroit où t’es caché, alors on ne va pas volontairement en prison. Soyons clair, hein, C’est clair, mais il y a des manières. On peut faire trois doubles. Personne ne choisit de faire trois doubles, tomber sur la case… piocher les deux cartes prison, une dans chaque pile. Personne ne fait exprès de les piocher. Avec le mode tournoi, il y a des manières d’y aller plus souvent que les autres. Comme avec l’autobus, on peut choisir où on se déplace. C’est une probabilité. Donc moi, je vois qu’à certains moments de la partie, j’essaie de bien placer le pion par rapport à la prison pour te laisser les meilleures chances d’y aller. Tu ne choisis pas d’y aller, mais tu donnes les meilleures chances.

Carine LAURENT: [00:10:32] Avec ma sœur. Quand on y jouait, quand on était petite, je me rappelle qu’on attendait d’avoir les trois terrains pour acheter des maisons, mais du coup, ce n’est pas le cas en fait

Philippe PINOLI: [00:10:40] Ca, c’est la règle. Si si bien sûr, c’est la règle. Et quand je dis on peut construire à n’importe quel moment, à partir du moment où on a un monopole, bien entendu.

Interviewer: [00:10:49] Mais quand on a les trois cartes, ok.

Philippe PINOLI: [00:10:53] Et après il y a vraiment deux règles qui sont très peu connues, qui sont importantes, c’est que quand tu hypothèques des gares. La règle dit bien que si t’as la carte des gares, par exemple tu en hypothèques trois. Mais si on tombe sur la quatrième, on te doit bien 200€ et pas 25€ parce que tu restes bien propriétaire.

Carine LAURENT : [00:11:14] D’accord.

Philippe PINOLI: [00:11:14] Petit détail à savoir. Et il y a une règle aussi qui est très peu connue, mais qui est vraiment une règle d’expert. Mais en fait, le nombre de maisons et d’hôtels, ils sont limités. Il n’y en a pas autant que tu veux. Il n’y a que douze hôtels et surtout, il n’y a que 32 maisons. Et donc il y a une règle qui est très pointue. Elle dit bien que pour avoir un hôtel. Il faut acheter la cinquième maison. Autrement dit, si tu as quatre maisons, mais qu’il n’y a plus aucune maison en vente. Tu ne peux pas acheter un hôtel. Alors, oui, c’est une règle qui se présente rarement, mais dans certaines parties, connaître cette règle-là. Ça peut te servir. Moi, ça m’a servi deux fois dans ma carrière et voilà. C’est une règle qui existe. Des fois, on peut être amené à l’utiliser. Si tu la connais, tant mieux pour toi. Si tu ne la connais pas, tu n’utiliseras jamais. Mais ça m’a sauvé la mise deux fois.

Carine LAURENT: [00:12:02] Après, c’est possible d’avoir une seule maison et d’acheter quatre maisons et de mettre un hôtel à la suite ?

Philippe PINOLI: [00:12:08] Par exemple au début. Si t’as de l’argent, t’as zéro maison, mais si t’as de l’argent disponible et qu’il y a toutes les maisons disponibles, pas la peine de passer par cinq maisons. Tu achètes directement l’hôtel en payant le prix de cinq maisons. Ça, il n’y a pas de souci. Mais si tu n’as plus que trois maisons en vente dans tout le jeu, même si t’as de l’argent, tu ne peux pas acheter un hôtel.

Carine LAURENT : [00:12:25] Ah oui… je crois qu’on créait nos propres maisons, quand on était petit parce qu’il y en avait plus. Donc oui, effectivement, c’est important !

Philippe PINOLI: [00:12:33] Au contraire, tu peux te retrouver bloqué s’il n’y a plus de maisons. Et là, il y a un moment très passionnant. Parce que s’il ne reste qu’une maison et que plusieurs joueurs la veulent eh bah on la vend aux enchères. Et déjà, tu l’achètes, très cher aux enchères pour que les autres ne montent pas leur maison. Donc voilà, là il y a des moments très stratégiques qui se reproduisent très rarement. Mais quand ils se produisent, il vaut mieux connaître la règle, il vaut mieux savoir en profiter.

Interviewer: [00:12:52] Mais tu ne t’es jamais énervé au Monopoly quand tu étais petit ou ce jeu ne t’a jamais énervé ?

Philippe PINOLI: [00:12:58] Oui, quand j’étais petit, quand j’étais petit, forcément, je me suis énervé, j’ai pleuré. Alors je n’ai jamais jeté le jeu. Mais j’ai pleuré, je m’en souviens très bien. C’était plutôt ma mère qui jetait le jeu en l’air. 

Interviewer: [00:13:07] Ha ha ha

Philippe PINOLI: [00:13:08] Je me souviens très bien, très mauvaise joueuse, ma mère. Et comme tous les enfants, En toute honnêteté, quand j’étais petit, j’étais mauvais joueur. Et un jour, je ne sais pas. J’ai eu un déclic et je suis tombé sur ce jeu… En fait, j’aime le jeu et en fait, j’aime jouer. Et je me rends compte que moi, mon plaisir, c’est de jouer. Alors, j’aime gagner comme tout le monde, mais par contre, je ne tricherai jamais par exemple. Je ne te tricherai jamais parce que j’aime tellement jouer. Ça ne me dérange pas de perdre, quand j’ai fait mon maximum. Mais voilà, j’aime tellement jouer… Être mauvais joueur, c’est surtout se priver d’occasions de jouer. Et donc j’essaie d’être un bon joueur. J’essayais d’être un bon perdant et voilà. C’est important pour moi et au Monopoly bien sûr, j’étais très fier de gagner, mais c’est facile de gagner avec le sourire, de lever les bras. Mais perdre avec le sourire, c’est presque mes plus grandes victoires. Quand j’ai perdu mon titre au bout de trois ans, j’avais gagné. Voilà, j’avais gagné onze parties d’affilées en phase finale, j’avais battu le record de titres mondiaux, mais j’ai quand même perdu avec le sourire, je crois, même si j’en avais gros sur la patate. Et il y avait plein de monde, y avait des caméras, tout ça. Et voilà, c’était le plus important pour moi de montrer bonne figure, surtout que j’allais commenter la fin du match.

Carine LAURENT: [00:14:19] Je le pense. Quand tu étais au Japon, que du coup t’as fait la demi-finale, tu devais parler en anglais ou comment ça se passait ?

Philippe PINOLI: [00:14:29] Alors effectivement, la langue officielle du tournoi, c’était l’anglais, sachant qu’on jouait sur le jeu historique d’Atlantic City. Donc avec les cartes en anglais, les noms, les montants sont les mêmes, les couleurs sont les mêmes, mais les cartes sont en anglais. La langue du tournoi était l’anglais, mais là, évidemment, il y avait un melting pot de 28 nations. Mais il y avait trois francophones. Donc, de temps en temps, on pouvait quand même parler en français avec les Suisses et les Belges. Mais la langue principale était l’anglais.

Carine LAURENT: [00:15:00] Oui, donc ça vous permet de rencontrer aussi beaucoup de monde.

Philippe PINOLI: [00:15:05] Ah ben là, c’est un moment génial. J’ai rencontré le créateur du tournoi, les meilleurs joueurs du monde, des anciens champions du monde. J’ai fait une partie géniale contre trois anciens champions du monde. Ça, c’est quand même énorme. J’ai gagné d’ailleurs et après j’ai sympathisé avec tous ces gens-là. On a gardé contact. Typiquement, quand je suis allé en Italie, à Venise, je suis parti, j’ai pris contact avec le champion du monde. Il m’a reçu chez lui. On a joué une partie. Il y a une petite communauté sympa , parce qu’on a vécu des moments géniaux une semaine tous ensemble, comme si on était en vacances.

Carine LAURENT : [00:15:38] Oui, parce que j’allais dire, il n’y a pas eu un entraînement spécial avant de faire le championnat. Tu ne t’es pas entraîné toute la nuit pour ça?

Philippe PINOLI: [00:15:47] Mais avant les championnats, je joue quelques parties. Avant les championnats du monde, c’était un peu, c’était difficile parce que le niveau n’était pas terrible en France. Moi, j’étais seul, j’avais gagné, mais le niveau était relativement faible objectivement. Là, le niveau est bien meilleur. Maintenant, les gens jouent beaucoup contre moi. J’ai organisé beaucoup de tournois, donc le niveau monte. Donc je m’étais entraîné en potassant les règles. Mais honnêtement, je joue beaucoup mieux maintenant qu’à l’époque. Vraiment. Je joue beaucoup mieux maintenant, parce que j’ai aussi joué contre les meilleurs joueurs du monde pendant toute une semaine et personne d’autre ne l’a fait en France. Donc après, j’ai partagé mon expérience. Maintenant, il y a d’autres joueurs français qui jouent très bien et le niveau a monté. Donc c’est plus dur de gagner maintenant qu’en 2015 franchement.

Carine LAURENT : [00:16:26] Maintenant, il a plus de français du coup.

Philippe PINOLI: [00:16:29] Eh bien, il y a mieux, il y a des meilleurs joueurs, Il y a des gens qui ont deux, trois, quatre, cinq, six, sept tournois d’expérience et ça change tout. Et d’ailleurs, les finales, c’est un peu toujours les mêmes maintenant. Moi, j’ai fait huit finales en six ans. L’autre meilleur joueur français, il a fait quatre finales en cinq ans. Il n’y a pas de surprise, les meilleurs sont en finale. Il a beau avoir des dés, les meilleurs sont là. Pour nous battre, lui ou moi, il faut vraiment, vraiment être très fort.

Carine LAURENT [00:16:54] Est-ce que tu as fait d’autres tournois dans d’autres jeux de société ou t’as fait que le Monopoly ?

Philippe PINOLI: [00:17:04] Alors j’ai dû faire un ou deux tournois de poker. J’ai dû faire des tournois de Seven Wonders à Cannes. Sinon, j’ai fait deux fois les championnats de France de Magic comme je t’ai dit. En compétition de jeux de société, il n’y en a pas tant que ça en fait, à part les championnats de France un peu officiels. Échecs, Monopoly, enfin échecs, dame, Scrabble. En fait, il y a peu de compétitions, personne ne les organise, donc il faut les faire soi-même. Moi, je m’occupe déjà du Monopoly, c’est déjà pas mal. 

Carine LAURENT: [00:17:35] Oui, c’est déjà bien, mais du coup, tu n’as jamais participé à un tournoi de jeu d’échecs de dames ?

Philippe PINOLI: [00:17:41]  Si ça me revient. J’ai fait un tournoi de ping-pong. J’ai dû faire un tournoi d’échecs quand j’étais petit. J’ai fait un tournoi d’échecs. Je me souviens. Il voulait me prendre dans le club d’ailleurs, parce que voilà … J’ai joué beaucoup, je jouais tous les jours au lycée, j’ai joué au collège, je jouais cinq parties par jour d’échecs.

Carine LAURENT : [00:17:58] Ah oui, et tu n’as pas voulu être pris dans le club d’échecs parce que t’avais d’autres priorités ? Peut-être.

Philippe PINOLI: [00:18:05] Voilà, à l’époque, j’aimais bien jouer avec mon meilleur ami et c’est tout.

Interviewer: [00:18:10] Est-ce que tu continues de jouer régulièrement ? Est ce qu’il y a des tournois ? Est-ce que tu comptes y participer à nouveau ?

Philippe PINOLI: [00:18:22] Les seuls tournois qui existent, ce sont les miens. Donc, à chaque fois que je les organise, je participe parce qu’il n’y a que comme ça que j’arrive à jouer en compète. Donc j’ai organisé les championnats de France cette année, j’organiserai les championnats de France l’année prochaine, je verrai si j’ai d’autres opportunités. Là, typiquement, j’ai organisé une petite rencontre avec des Basques qui sont venus d’Espagne. Donc j’ai fait il y a trois semaines. J’ai fait un match, international on va dire avec des Espagnols qui voulaient absolument jouer contre moi. Je n’ai pas réussi à organiser les championnats d’Europe. C’est un peu tombé à l’eau. Mais voilà, les championnats du monde, ils n’arrêtent pas d’être portés. Donc tant pis. Moi, je fais autre chose. Et là, mercredi soir, par exemple, j’organise une soirée Monopoly, là, chez moi, au bord de la mer, parce qu’il y a une soirée jeux de société dans la mairie. Donc il me prête une salle et ils sont très contents de m’avoir. Tout le monde va vouloir jouer contre moi. Donc ça me fera plaisir de jouer sur le bord de la plage. Sinon, prochain championnat de France en avril ou en mai dans ma ville, à Menton en 2023.

Interviewer: [00:19:25] Est-ce que tu as déjà essayé d’organiser un tournoi d’Europe et ce serait aussi dans ta ville que tu ferais ça ou t’avais prévu autrement ?

Philippe PINOLI: [00:19:33] Le championnat d’Europe n’existait pas et comme les championnats du monde n’arrêtaient pas d’être repoussé, j’ai été contacté par des Espagnols. J’ai contacté tous les copains du championnat du monde. J’ai dit, les gars, si ça vous dit, sur la Côte d’Azur, j’organise des championnats d’Europe cet été. Donc j’avais la salle, j’avais les lots, j’avais tout ce qu’il fallait, mais finalement, personne n’est venu. Donc ils espéraient que Hasbro leur paye le voyage, l’hôtel. Je leur ai dit non les gars. Hasbro organise des championnats du monde quand ils veulent, dans les modalités qu’ils veulent. Moi, je vous invite chez moi. Et puis si vous voulez venir jouer, venez. Personne n’est venu, tant pis. Moi, j’ai fait un petit tournoi local. Mais les Français viennent. Maintenant, j’ai une belle communauté, beaucoup viennent du quart du Sud-Est. Mais j’ai des gens qui viennent de Paris, j’ai des gens qui viennent du Sud-Ouest. Moi, j’organise dans le quart sud-est parce que c’est là. C’est là que j’habite, entre Cannes, Toulon, Menton. Si Hasbro, me payer l’avion, il me disait, il faut organiser les championnats de France à Paris, je le ferai à Paris. Après, il y a toujours plein de gens qui ont beaucoup d’idées. Il y avait des mecs en Bourgogne. Ils disaient On va faire un championnat de Bourgogne, je dis OK . Je dis j’arrive avec tous mes jeux, j’organise un championnat. Évidemment, ils n’ont rien fait…. Tu dis, il y a eu une entreprise qui m’a fait venir à Paris. Et puis il y a des anciens HEC qui jouaient beaucoup au Monopoly. Ils m’ont dit que pour les 30 ans d’un copain, faudra lui faire une surprise. On voudrait organiser un petit tour, un Monopoly avec toi. Je lui ai dit banco. Ma famille est à Paris. Je me suis dit ça va, joindre l’utile à l’agréable. Donc les mecs était fous, parce que je leur ai fait un petit tournoi de Monopoly et ils ont joué contre moi.

Carine LAURENT: [00:21:05] Il ne faut pas leur laisser un espoir non plus.

Philippe PINOLI: [00:21:08] Non, parce qu’ils ne jouent pas pour que je les laisse gagner. D’ailleurs, je respecte tous mes adversaires, je ne laisse gagner personne. La plupart des tournois que je fais, je les gagne, tu vois à Paris, j’ai gagné, le tournoi dans l’entreprise et là, par contre, en Ardèche, je vais venir. Et évidemment, au contraire, s’ils me battent, ce sera très fort pour eux parce qu’ils pourront dire, j’ai vraiment battu à la régulière.

Interviewer: [00:21:29] Ok. Et est-ce que tu as une version du Monopoly préférée?

Philippe PINOLI: [00:21:36] Franchement non. Euh, en ce moment, je joue beaucoup celui qui est de Star Wars des 40 ans Star Wars parce que les pions sont sympas. Et puis les textes d’ambiance, des cartes, sont sympa. Donc on rigole bien avec mes neveux. Parce que c’est les citations du film en fait. Euh. Ouais, des fois, quand je vais me le raconter, je joue sur mon jeu des championnats du monde. Celui que j’ai gagné là-bas. C’est un collector, avec la signature de tous les champions de tous les pays. Il est en cantonais et en portugais, donc c’est assez rigolo. Mais sinon je joue sur le classique. Dans les tournois, j’ai moi-même Atlantic City, je l’ai laissé à ma sœur. Ça aussi, c’est mythique pour les pour les anglo-saxons. Sinon, non, je n’ai pas de préférence. Tant qu’on peut jouer en mode de tournoi, c’est-à-dire avec les vraies règles. Par contre, les variations avec ou il n’y a pas le même nombre de pions ou le même nombre de billets, de la triche… Le jeu, tout ça, je n’y joue pas moi, parce que ce n’est pas du vrai Monopoly. Pour moi.

Interviewer: [00:22:53] C’est un jeu. Quand on est enfant, on aime ce jeu, mais plus on grandit, moins on l’aime. Et moi, personnellement, quand j’ai grandi, je l’aimais de moins en moins parce que ça a amené des tensions dans la famille. Qu’est-ce que tu dirais pour motiver les personnes à jouer au Monopoly ?

Philippe PINOLI: [00:23:11] Adultes, Il faut vraiment lire les vraies règles, appliquer les vraies règles et si possible, jouer les règles de tournois. Parce que dans ce cas-là, ça transforme le jeu en un jeu hyper dynamique qui dure, qui ne dure qu’une heure, qui est vraiment bien. Et voilà, tout ce que je peux témoigner, c’est que je joue à plein d’autres jeux et malgré tout, je trouve de la place pour jouer au Monopoly parce que c’est un très bon jeu. Alors qu’en fait, quand on arrête de jouer, c’est souvent pour des mauvaises raisons, C’est parce qu’on ne joue pas avec les  bonnes règles. Comme ça s’éternise, on ne sait pas, on s’investit trop ou on a un mauvais joueur. Mais dans les faits, c’est un bon jeu. C’est dommage de ne pas y jouer parce que si on respecte bien les règles, c’est vraiment un jeu sympa. Et en plus, si on joue ou si ça ne consomme qu’une heure ou si on met une limite de temps avec les vraies règles, justement, tous les défauts disparaissent, beaucoup des défauts disparaissent. Et, j’ai été épaté en fait de ma vidéo parce qu’en fait le journaliste, il a vachement orienté sur les règles et ça m’a fait découvrir qu’il y a des millions de personnes, pour ne pas dire tout le monde qui ne joue pas les vraies règles. Et ça a redonné à énormément de gens l’envie de jouer avec les règles, avec les miennes, avec les vraies règles, plus mes règles de tournois. Et ça fait plaisir parce que c’est un jeu… Je suis content pour les gens qui rejouent à ce jeu qui est très bien et je peux t’encourager ton groupe d’amis ou ta famille de jouer une partie d’une heure avec les vraies règles, tu verras que ça change tout. Ça change vraiment tout.

Carine LAURENT b: [00:24:26] Ce qu’il y a au bout d’une heure, c’est celui qui a le plus d’argent qui gagne la partie, C’est ça ?

Philippe PINOLI: [00:24:30] Oui. Il faut retransformer tout en argent les territoires, les propriétés, les maisons. Tu retransformes tout en argent, l faut compter l’argent de chaque joueur et le plus riche gagne. Entre bons joueurs, avec la manière accélérée que je joue, il y a peut-être une partie sur dix qui va au bout d’une heure. Toutes les autres sont finies avant 1 h parce qu’il y a plus qu’un joueur, tous les autres sont éliminés. En fait, le troisième dé accélère tellement le début et la fin que c’est très dur de faire une partie en une heure. En fait, en général ça dure trois quarts d’heure quand tout le monde joue relativement vite. Si les gens jouent lentement, ça jouera 1h. Mais ce n’est pas drôle de compter. En fait, ça devient énervant de compter, alors qu’avec les règles, comme tout le monde est mort sauf un avant la fin, tu sais qui a gagné et tu peux en refaire une autre alors qu’au bout d’une heure, on va être obligé de compter. C’est un peu fastidieux.

Carine LAURENT : [00:25:16] Est-ce que tu peux expliquer les règles ? Enfin, les différences entre les règles du Monopoly et les règles du tournoi. C’est quoi la différence?

Philippe PINOLI: [00:25:23] La seule différence, c’est l’utilisation du troisième dé. On appelle le dé rapide. Donc c’est une règle qui est inventée en 2006 en vue des championnats du monde 2009, qui a été utilisée pour la première fois aux championnats du monde 2009 et qui permet en fait de faire des parties d’une heure. Donc le principe, c’est quoi ? À partir du moment où tu as finis ton premier tour, tu joues tout le temps avec 3 dés. Donc ce troisième dé a une couleur différente. En général, il est rouge, il a six faces. Il y a une face un, deux et trois. Ça, c’est facile. Tu additionnes les 3 dés. Jusque-là, pas de problème, sachant que les doubles ne comptent que sur les deux blancs. Donc si tu fais un blanc, cinq blancs et un rouge, ça fait sept et tu ne rejoues pas. Bon d’accord, mais si tu fais un blanc, un blanc et trois rouges, ça avance de cinq mais tu rejoues ok. Ensuite, si tu fais un triple donc triple un, triple deux ou triple ou trois, là tu vas où tu veux. Mais tu ne rejoues pas. Mais par contre où tu veux, c’est un premier choix qui n’existe pas dans le jeu normal. Donc tu peux aller où tu veux acheter ce qui te manque aller te planquer en prison, aller sur la case départ, aller piocher, tu fais ce que tu veux.

Philippe PINOLI: [00:26:27] Deuxième particularité à la place du six, il y a un autobus. Je fais le dé rouge donc quand tu fais, quand tu jettes et tu te tombes sur l’autobus, par exemple, tu as trois, cinq et l’autobus nouveau choix, tu bouges de trois ou tu bouges de cinq, ou tu bouges de huit. Donc, de nouveau des choix, donc des bons choix, des mauvais choix, des choix plus risqués. L’autobus, c’est vraiment l’arme absolue. Tu as une chance sur six de le faire, mais plus tu le fais, plus tu gagneras. Par ce que tu auras plus de choix que les autres. Tu pourras éviter les hôtels et tu pourras aller te planquer en prison. C’est vraiment… Tu ne les choisis pas, mais celui qui fait le plus de six en fin de match, d’autobus, il gagne ensuite tu as deux autres faces. Donc, là, il faut s’accrocher. C’est la dernière particularité, sur ces deux faces tu as un Mister Monopoly. Un petit bonhomme avec le chapeau! Donc quand tu fais ça, par exemple trois cinq et Mister Monopoly. D’abord, tu bouges de huit. Donc tu fais ce qui ça arrive. Tu t’achètes, tu payes, puis tu vas sur la prochaine case qui est à vendre, même si elle est très très très loin. Donc, à chaque fois que tu fais ça, c’est-à-dire une fois sur trois parce qu’il y a deux faces. En gros t’achètes une fois sur trois systématiquement et dans ce cas-là tu peux acheter même deux fois. Et si tu fais des doubles, tu vas acheter trois fois, quatre fois, cinq fois. Tu peux acheter même six fois dans le même tour. Donc évidemment, ça accélère énormément le début. Au bout d’un quart d’heure, tout est vendu dans une partie normale. Et enfin, quand tout est vendu, le Mister Monopoly a une autre faculté c’est quand tout est vendu. Tu ne vas pas passer sur la prochaine qui est en vente parce qu’il y en a plus. Par contre avec ton Mister Monopoly, tu vas sur la prochaine où tu payes un joueur. Même si elle est très loin au début, ça accélère beaucoup les ventes et à la fin, ça accélère beaucoup les faillites parce qu’à chaque fois tu payes, tu payes, tu payes. Et si tu tombes sur des hôtels tu payes, tu payes. Si t’as deux hôtels sur successifs, tu payes les deux hôtels et boum boum! Cela accélère énormément les faillites et c’est ce dé là. Ce sont ces règles-là, qui permettent d’accélérer le jeu et qui le rendent vachement plus intéressant et surtout beaucoup plus rapide.

Carine LAURENT : [00:28:11] La faillite c’est arriver à une certaine somme. La personne doit partir du jeu ?

Philippe PINOLI: [00:28:18] Alors une faillite, c’est quand tu ne peux plus payer une dette à un joueur ou pas même au jeu, c’est-à-dire que tu n’as plus d’argent et tu ne peux plus rien transformer en argent et pour récupérer de l’argent, sois tu vends tes maisons à moitié prix. Et ensuite, seulement, tu hypothèques tes territoires pour récupérer la moitié de leur valeur. Donc si tu fais tout ça et malgré tout, tu ne peux pas payer ta dette, tu es en faillite, donc éliminer. Et toutes tes propriétés vont à celui qui t’a éliminé. Et si c’est le jeu qui t’as éliminé, tout est revendu aux enchères. Toutes les maisons disparaissent. C’est ça la faillite. C’est comme ça qu’on perd au Monopoly. En fait, on perd avant la fin.

Carine LAURENT : [00:28:55] Et le dé rouge que tu disais le dé spécial pour les tournois, on peut l’acheter ou l’on veut ?

Philippe PINOLI: [00:29:00] Alors malheureusement non. Je ne comprends pas la politique d’Hasbro, mais en fait, il n’y a aucun petit set de 3 dés en vente en France en tout cas, on en trouve très rarement. La, par exemple, j’en avais trouvé à Macao. J’en ai gagné au championnat du monde, j’en ai ramené plein et Hasbro m’en a donné plein, une dizaine. Mais en fait, pour les trouver, il y a certains jeux qui fournissent le dé. Donc il faut regarder sur la boîte. Il y en a qui disent avec le dé rapide. Et puis après, on en trouve plein sur Internet. Sur eBay par exemple. Mais ils sont assez rares et curieusement, Hasbro les vend assez peu, alors ils les vendent dans des jeux. Mais voilà, donc ce n’est pas facile à trouver. Mais bon, il suffit de savoir que le six, c’est l’autobus, c’est quatre et cinq c’est le Mister Monopoly tu peux jouer avec n’importe quel autre dé, qui a une couleur différente des blancs.

Carine LAURENT : [00:29:48] Oui, tu peux reprendre un dé normal.

Philippe PINOLI: [00:29:51] Et d’une autre couleur que le deux. Voilà. Mais ça vaut vraiment le coup d’essayer. Je peux t’envoyer les règles si tu veux. Je peux t’envoyer les règles que j’ai traduites et que j’ai améliorées parce que celles qui sont écrites dans les boîtes sont trop succinctes. Moi, j’ai vraiment tout réécrit, les règles comme pour un championnat du monde, c’est-à-dire, je les ai traduites et clarifiées. Donc ce sont des règles que j’utilise maintenant qui sont limpides quoi. Si tu veux, tu m’envoies ton mail et je te les renvoie.

Carine LAURENT : [00: 30:22] Ok, super merci. Concernant le dé, je me disais peut-être dans les magasins spéciaux jeux de société comme la caverne du gobelin… Peut-être qu’ils peuvent vendre les dés-là en séparé.

Philippe PINOLI: [00:30:41] Je connais plein de boites de jeux à Paris, à Nice. En fait le produit n’existe pas, car Hasbro ne fabrique pas ce produit, en dehors d’un jeu. J’achète un jeu, il est dedans. Même si j’ai trouvé… Je vais te montrer ce que j’ai au championnat du monde par exemple. Pourtant, ça existe à Macao, on avait ce petit produit-là. Tu vois ? C’est une petite boîte de jeu de pions. Donc ce sont des pions dorés, nouveaux avec 3 dés, dont le dé rapide. Donc c’est un produit Hasbro vendu. On en a tous eu un. J’en ai récupéré plein d’autres. Mais ce qui m’intéressait là-dedans c’était le troisième dé. Après, il y a des anecdotes rigolotes. L’autre jour, j’ai trouvé un Monopoly sur une poubelle chez moi, un Monopoly anglais et il manquait des billets. Il manquait des cartes, mais il y en avait un troisième dé dedans. Je me suis jeté dessus, ça m’en a fait un de plus.

Carine LAURENT : [00:31:46] Le but, c’est d’avoir le plus de troisième dé possible. Oui, tu conseilles qu’on joue à combien de joueurs ?

Philippe PINOLI: [00:31:57] Alors le jeu dit qu’on peut jouer de 2 à 6.

Carine LAURENT : [00:32:00] Oui.

Philippe PINOLI: [00:32:02] Objectivement, la partie la plus équilibrée est à quatre. Moi, mes tournois, il faut être à quatre. Si par hasard, vous êtes cinq ou six. En fait, il y a trop d’argent en jeu, il n’y a pas assez de propriétés. Et si vous êtes à trois, je recommande de mettre un peu plus d’argent en jeu.

Carine LAURENT : [00:32:20] D’accord.

Philippe PINOLI: [00:32:20] C’est possible à deux, mais bon, à deux ce n’est pas très intéressant. Mais à trois, on peut jouer. C’est intéressant, mais il y a des fois des configurations de tournoi où il y a un mec qui n’y est pas, qui est en retard ou qui n’est pas là ou qui déclare forfait. Donc on peut jouer à trois, mais la meilleure formule, c’est quatre, plus équilibrées et vraiment super.

Carine LAURENT [00:32:35] Et quand tu as les quatre joueurs qui jouent en même temps, est ce qu’il y en a un qui joue le rôle du banquier ou est-ce que tu as une personne de l’extérieur dédiée juste pour la banque ?

Philippe PINOLI: [00:32:45] Bah en général, chez soi, on n’a pas le choix, il faut bien qu’il y en ait un. C’est rare qu’il y en ait qui veuille faire que le banquier. Donc il y en a toujours un qui se désigne ou qui est volontaire… En tournoi, évidemment, on fait pareil. Il n’y a que dans les phases finales où en général, je fournis un arbitre.

Carine LAURENT : [00:33:03] Ah oui, d’accord. 

Philippe PINOLI: [00:33:05] En général, moi, quand je joue, c’est moi, qui fais l’arbitre. Mais en demi-finale du championnat, il y a un des arbitres ou un volontaire, un mec qui s’y connaît bien, qui fait la banque. Après, j’ai toujours une anecdote rigolote. Alors aux championnats du monde, par exemple, il y avait un arbitre à chaque table et les billets étaient numérotés. Bref c’était sérieux quoi. Tu ne pouvais pas récupérer des billets de la partie d’avant, ils étaient attachés à ta table en fait. Mais il y a une anecdote rigolote que les Japonais m’ont raconté, c’est que les Japonais sont tellement honnêtes naturellement. C’est que, au Japon, en fait, il n’y a pas de banquier. Donc quand tu fais une partie en famille, en tournoi, mais aussi en finale des championnats du Japon, il n’y a pas de banquier. Tout le monde se sert dans la banque. C’est rigolo, hein? Si tu fais ça en France ou en Italie?

Carine LAURENT : [00:33:52] Ben il y en a plein qui vont tricher! Haha ! Donc pour les personnes qui vont regarder la vidéo jusqu’au bout, on les félicite. Quel est le conseil ou le message que tu veux leur donner ?

Philippe PINOLI: [00:34:04] Jouer, jouer, parce que j’emprunte toujours l’expression de… je crois que c’est Cathala qui a dit ça. Grand créateur de jeux, il dit « Dans les jeux de société, il y a société«  et c’est vrai en fait, jouer, moi je trouve ça génial parce qu’on est avec des vrais gens. On n’est pas devant un écran et moi, je n’aime pas les jeux vidéo. Je n’aime pas les jeux en ligne, mais dans des jeux de société, on a une bière, on peut discuter et c’est toujours mieux que de mettre les enfants l’un à côté de l’autre sur leur écran. Et les jeux de société, c’est la mode. En ce moment, il y a un buzz et il y a une vraie raison, c’est que ça rapproche les gens et c’est génial. Donc jouer, jouer et jouer. Et une deuxième citation que j’utilise toujours, on ne devient pas vieux en jouant. En fait, c’est quand on arrête de jouer, qu’on devient vieux.   

Carine LAURENT : [00:34:56] Oui. Bon bah super, on termine sur une belle image. Ce jeu se joue à partie de quel âge ?

Philippe PINOLI: [00:35:03] Tu peux dire comme Tintin de 7 à 77 ans, mais j’ai déjà vu des gens plus âgés y jouer et il y a des gamins. Ouais, mes petits-neveux, je leur ai appris à jouer vers six sept ans dès que tu sais lire et compter quoi ?

Carine LAURENT : [00:35:34] Oui, voilà, c’est ça.

Philippe PINOLI: [00:35:35] Mais après, il faut accepter de savoir perdre. Mais bon, voilà cinq, six, sept ans, c’était le bon âge. Et moi mes tournois il n’y a pas de limites d’âge, tout le monde peut venir. Il y a juste… J’ai mis un trophée du meilleur jeune, meilleur moins de seize ans. Et puis, pour la petite histoire, j’avais mis un trophée de la meilleure femme et je vais l’arrêter parce que les deux dernières championnes sont des femmes, donc faut arrêter. Objectivement, elles sont aussi fortes que nous. Donc il n’y a pas de raison.

Carine LAURENT [00:36:01] Ok. Ça marche. Merci pour tout, merci pour cette super interview !

Possibilité de vous envoyer les règles du Monopoly

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Nicolas Roché
17 jours il y a

Super podcast pour un deuxième! Et plein de bons conseils sur le Monopoly! Je devrais gagner ma prochaine partie (sans tricher^^)!

NORELLE SARA
17 jours il y a

Merci pour ce super épisode ! J’ai appris plein de choses sur le Monopoly ! Je ne savais pas du tout qu’il y avait des championnats de France et du monde !

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